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29/05/2020

Ouvrir un commerce indépendant: Quelles étapes ?

Ouvrir une boutique de déco, une épicerie, un magasin de vêtement, ou un concept store innovant… Quel que soit votre projet, ouvrir un commerce n’est pas chose facile. Bon nombre des porteurs de projet de notre programme ont tout quitté pour vivre de leur passion et devenir leur propre patron, l’indépendance comme seul mot d’ordre. Vous rêvez de faire comme eux mais vous ne savez pas par où commencer? 

 

Sachez que vous n’êtes pas le seul dans ce cas. En effet, d’après une enquête de septembre 2019 menée par le groupe de presse AEF pour le site Nouvelleviepro.fr, les deux obstacles majeurs avant de franchir le pas sont le sentiment de « ne pas savoir par où commencer » pour 39% des personnes interrogées et « le manque d’information et d’accompagnement » pour 33%.

 

Pas de panique, nous vous donnerons dans cet article les étapes clés pour ouvrir un commerce. Nous vous aiderons ici à faire le point sur votre situation et à y voir plus clair sur les différentes étapes de création d’un commerce à suivre pour consolider votre projet de commerce ou de boutique et vous lancer dans les conditions les plus sereines possibles. 

Dans le cas où vous auriez besoin de vous faire accompagner par un réseau de professionnels (expert-comptable, banquier, mentors, consultant en communication, architecte d’intérieur, etc.), remplissez ce formulaire  et nous vous contacterons. 🙂 Nous avons concocté un programme d’accompagnement dédié aux futurs commerçants. 

Les 10 étapes clés pour ouvrir son commerce ou sa boutique :

 

1 / S’informer sur le métier de commerçant 

La plupart des porteurs de projet souhaitent ouvrir leur commerce par passion sans vraiment connaître le métier de commerçant. Un commerçant est un vendeur, il est vrai, mais la vente directe ne représente que 60% de son emploi du temps. En effet, le commerçant est un réel couteau-suisse et doit toucher à de nombreux domaines pour ouvrir sa boutique. 

L’entrepreneur-commerçant, en backstage, s’exerce à d’autres activités que la vente comme la comptabilité, la communication, la gestion des fournisseurs, la gestion des stocks, … Etes-vous prêt à relever le défi ? ☺ 

Pssst… Si vous n’êtes pas ami avec la comptabilité, notre programme d’accompagnement vous aidera à l’apprécier ;-) (business plan, plan financier prévisionnel…)! 

 

2 / Faire le point sur votre situation actuelle

Il est très important de faire le point sur sa situation actuelle et sur ses motivations avant de se lancer. Se mettre à son compte marquera un tournant décisif dans votre vie. Il s’agit alors d’être sûr avant de se lancer. L’emploi du temps d’un commerçant, disons-le, est très chargé et si votre situation familiale ne vous permet pas de vous impliquer à 100% dans votre projet de commerce (pour les premiers mois d’activité en tout cas), peut-être est-il plus judicieux d’attendre un peu pour la santé de votre futur boutique ? 

De la même manière, si votre motivation n’est pas celle d’Usain Bolt, il sera difficile pour vous de faire face aux nombreux obstacles qui rythment la vie d’un commerçant. Voulez-vous ouvrir un commerce pour une plus grande indépendance ? Pour gérer une équipe ? Vivre de votre passion ? Allez-y ! En revanche, ouvrir un commerce ou une boutique ne doit pas être un choix par défaut. 

 

3 / Rester focus sur votre idée

Cette troisième étape consiste à décortiquer et consolider votre projet de commerce. Bien souvent, les porteurs de projets ont une ou plusieurs idées en tête, il s’agit alors de peser le pour et le contre de chacune d’entre elles. La question à se poser ici est la suivante : comment avez-vous trouvé votre idée ? 

Est-ce que la nature de votre commerce ou de votre boutique intervient dans le domaine d’activité de votre métier ? L’avantage est que vous y connaissez déjà les rouages. 

Votre idée intervient dans un domaine d’activité que vous ne connaissez pas ? Cela peut-être chalengeant et dynamisant. 

Votre concept de commerce est quelque chose de totalement novateur sur le marché et permet de répondre à quelque chose de nouveau ? Il faudra alors faire attention au temps de reconnaissance de votre commerce et misez beaucoup sur les actions marketing à mettre en place.

Après avoir longuement réfléchi sur votre concept, vous avez la possibilité de broder votre offre commerciale en réalisant une étude de marché et en confrontant votre idée à l’avis des consommateurs. 

 

4 / Confirmer la faisabilité de votre commerce : Réalisez une étude de marché

L’objectif d’une étude de marché est d’identifier l’attractivité du marché sur lequel vous souhaitez vous implanter. Une étude de marché bien réalisée permettra de valider la faisabilité commerciale (ou non) de votre projet de commerce. Vous trouverez ci-dessous un synthèse de ce qu'et l'étude de marché. Pour plus d'informations, rendez-vous sur notre article dédié "Comment réaliser une étude de marché pour un commerce ?" .

Bien analyser le marché sur lequel s’implanter permet également de connaître :

        Vos concurrents ;

       Les fournisseurs existants ;

       Les attentes des consommateurs et leur comportement d’achat ;

       De confirmer l’appétence de votre projet auprès de votre cible et de quantifier la demande ;

        Le tout dans votre zone de chalandise.

En définitive, cela vous permettra d’orienter votre stratégie commerciale dans son ensemble (stratégie de communication, stratégie d’acquisition, stratégie de pricing, …).

 

Phase 1 de l’étude de marché : l’analyse sectorielle 

 

L’intérêt de cette première phase est d’analyser l’environnement de votre futur commerce et d’identifier les concurrents du marché sur lequel vous souhaitez vous implanter. La phase est composée de deux parties :

- L’analyse de l’environnement, durant laquelle il vous faut étudier les différents facteurs (politique, économique, sociologique, technologique, écologique et légal) pouvant influencer l’attractivité de votre marché. Cette analyse vous permettra de savoir si le marché que vous étudiez se porte bien ou non.

- L’analyse de la concurrence ou veille concurrentielle, qui consiste à analyser les forces concurrentielles. En d’autres termes, cette deuxième partie permet d’appréhender le marché en identifiant : Les entrants potentiels sur le marché ; les produits de substitution (existe-t-il des produits ou services substituables au service que vous voulez développer et peuvent-il impacter la décision du consommateur) ; La concurrence intra-sectorielle (analyse des concurrents déjà existants et estimation de leur part de marché) ainsi que d’autres facteurs).

Cette analyse sectorielle se traduit en une veille informationnelle fine de votre marché. Pour la réaliser, il est important de se rendre sur des sources sûres afin de récolter des données et informations fiables. Il est possible de se renseigner en ligne :

        Xerfi, Statista, INSEE, …

Et hors ligne :

        Bibliothèque Nationale de France, Mairies, …

 

Phase 2 de l’étude de marché : les entretiens utilisateurs

 

Cette deuxième phase consiste à réaliser des questionnaires pour récolter le plus d’informations possible sur votre cible et connaître l’intérêt que cette dernière porte à votre produit / projet de commerce (pour les inscrits à notre programme, consultez la fiche « entretiens utilisateurs » qui vous aidera à rédiger vos questionnaires et à les administrer).

Les entretiens utilisateurs consistent donc, dans un premier temps, à élaborer un questionnaire qui permettra de récolter les avis de votre cible sur les questions que vous vous posez (quel prix fixer, quels produits proposer, quelle fréquence d’achat, quel panier moyen, quelles attentes, …)

Il s’agira ensuite d’administrer ces questionnaires soit en physique en vous rendant dans votre zone de chalandise et en posant vos questions auprès des passants ; ou en ligne via la réalisation de questionnaires sur gform ou typeform et en les diffusant sur vos réseaux.

Pour info : Si vous êtes inscrits à notre programme, vous trouverez tout plein de guides pratiques sur l’étude de marché plus en détail. Vos mentors sont également totalement disponibles et se donneront à cœur joie de répondre à vos interrogations ;-) . 

 

5 / Etablir son positionnement et un plan d’action marketing

Une fois ces éléments quasi ficelés, vous devrez vous interroger sur le positionnement de votre commerce. Posez-vous cette simple question « pourquoi mon client va venir en boutique » ? Vous allez donc créer votre proposition de valeur : à quel problème répondez-vous ? Qu’est-ce qui rend votre offre unique et différente des autres ? Votre étude de marché vous aura permis de répondre à cela. 

Par exemple, j’ouvre une épicerie bio en vrac, les clients viennent parce que mes produits proviennent de maraichers situés à moins de 100km de mon point de vente. Tous les autres produits sont issus de producteurs raisonnés et locaux. De plus, vous appliquez des prix corrects au regard de la qualité de vos produits. Votre accueil et votre connaissance des produits sont un véritable atout et font vivre une expérience unique à vos consom’acteur. 

Pour vous aider dans la recherche du nom de votre commerce, consultez cet article : Comment trouver le nom de son entreprise, de son commerce ou de sa boutique ?

C’est une phase qui n’est pas anodine puisqu’elle vous permettra ensuite de définir votre stratégie marketing et donc votre plan d’action marketing. 

A l’heure où les e-commerces inondent internet, il est devenu incontournable de prévoir et réaliser des actions marketing pour se faire connaître, fédérer une communauté autour de votre boutique et fidéliser sa clientèle. Comment faire ? 

Cela peut aller d’une simple communication en ligne et hors-ligne à la mise en place de webinars et d’évènements physiques. Dans tous les cas, cela requiert de s’y prendre à l’avance et d’établir un plan de communication en amont du lancement de votre commerce (vous n’aurez pas le temps de le faire après avoir ouvert votre boutique). 

Pour se faire, la manière la plus simple est de s’inspirer de vos concurrents et des commerces dont la communication vous plaît. Le but étant de se rendre sur leurs réseaux sociaux et de sélectionner les actions comm’ qui vous ont le plus marquées. Vous établirez par la suite, sur un doc excel, un rétroplanning des actions à mener à l’avenir. 

Ce rétro-planning comportera deux types d’actions différentes à mener : 

Communication en ligne : à vous de juger, en fonction de votre cible, sur quel réseau il vous faudra communiquer en priorité. Il s’agira ensuite de planifier vos posts afin de rester actif sur les réseaux. 

Pour aider à choisir les bons réseaux sur lesquels communiquer, une étude démographique des utilisateurs de chaque réseau a été menée : https://www.ludosln.net/etude-demographie-reseaux-sociaux-et-usages/

Communication hors-ligne : L’objectif ici est de répertorier les actions physiques que vous souhaitez mettre en place pour faire connaître votre commerce. Cela peut par exemple être un évènement pour l’ouverture de votre boutique, des présences à des salons, des conférences, etc… A vous d’être novateur et de proposer des actions originales susceptibles de vous faire remarquer. 

 

6 / Réaliser son business plan 

 Vous trouverez tous nos conseils dans cet article : 

Comment rédiger un business plan pour son commerce ou sa boutique ?

 

7 / Rechercher les financements

La recherche de financements pour son projet de commerce est une étape qui effraie. La clé de réussite est de rester organisé. Vous n’avez aucune crainte à avoir si votre Business Plan a été réalisé avec sérieux et que les chiffres attestent d’une future rentabilité de votre commerce. 

Après discussion avec de nombreux banquiers, nous tenons à mettre fin à une certaine légende disant qu’il est nécessaire, afin de pouvoir débloquer des fonds auprès d’un établissement bancaire, d’apporter 30% de capital en fonds propres pour créer son commerce (ou plus généralement son entreprise). Cette vision, plutôt traditionnelle, est devenue obsolète et n’est plus d’actualité. Le banquier fonde sa décision en jugeant 3 éléments : 

Votre personnalité : soyez naturel (le) !

Votre motivation : croyez en votre projet !

Votre projet : entrainez-vous à le pitcher ☺. 

Egalement, il existe d’autres alternatives aux établissements bancaires afin de soulever des fonds dont :

les plateformes de crowdfunding (si vous êtes inscrits à notre programme, filez vite consulter notre fiche sur les plateformes de crowdfunding !) ;

les prêts d’honneur (Initiative France, BPI, CCI, PIE, etc.) ;

les aides financières à la création d’entreprises (une fiche sur les différentes aides financières à la création d’entreprise est disponible pour les porteurs de projet de notre programme) ;

 

8 / Trouvez et aménagez votre local commercial

L’emplacement de votre local commercial, même s’il est beaucoup moins décisif qu’auparavant, aura un fort impact sur l’activité de votre commerce. Pour trouver le meilleur emplacement dans votre zone de chalandise, nous vous conseillons d’utiliser la version gratuite de l’outil MyTraffic. Cette plateforme collecte de données sur les flux piétons des différentes villes et peut vous informer sur les profils des personnes passant dans le quartier (classes d’âge, catégories CSP, etc.) de votre éventuel futur prochain commerce. 

La version payante permet quant à elle d’obtenir pour environ 300€ un rapport complet sur les flux piétons passant devant le local commercial que vous visez (classes d’âge, catégories CSP, heures de pointes, heures creuses, nombre de passagers dans votre rue, etc.). Cette version payante peut être très intéressante si vous hésitez entre 2 ou 3 locaux commerciaux. 

Dans notre programme, nous mettons également l’accent sur l’aménagement de votre commerce. En effet, il est important que votre commerce se différencie des autres et qu’il reflète vos valeurs. Votre image de marque passe, entre autre, par la décoration que vous aurez décidé de mettre en place dans votre boutique alors soyez original (et cohérent avec votre charte graphique et votre logo ;-) ) ! 

 

9 / Choisir le bon statut et s’immatriculer

Retrouvez nos conseils dans cet article : 

Quel statut juridique choisir pour son entreprise ?

Concernant l’immatriculation de votre entreprise, nous vous conseillons de vous rapprocher des CFE (Centres de Formalités des Entreprises). Vous aurez donc, après avoir effectué les démarches nécessaires, votre propre numéro de SIRET, votre numéro de TVA et votre code APE. 

 

10 / Lancez-vous !

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer et à vivre pleinement votre vie d’entrepreneur-commerçant. Les premiers mois d’activités seront très dynamiques et nous vous conseillons donc de rester organisé et planifier l’ensemble des tâches que vous avez à faire dans la semaine ou dans le mois. 

Point de vigilance, pensez aux obligations que vous avez quant au démarrage de votre activité à :

ouvrir un compte bancaire professionnel : Il est important de séparer vie privée et vie professionnelle ; 

tenir une comptabilité : répondre aux obligations fiscales (TVA, IS, …) ; 

gestion administrative : répondre aux obligations sociales (URSSAF, SSI, …) ;

assurer votre activité en fonction de vos obligations professionnelles, de vos risques et des garanties demandées à votre assureur ; 

conserver les registres obligatoires : livres comptables, registre de droit de travail, registre des droits des sociétés ; 

mettre en place des documents commerciaux : ils doivent obligatoirement contenir les mentions obligatoires relatives à  votre commerce (le nom, l’adresse, le numéro de téléphone, les numéros SIREN/SIRET, la mention RCS, le siège social et la forme juridique). 

 

Ma boutique à l’essai : Une action concrète pour redynamiser le commerce

Rédiger un business plan pour son commerce ou sa boutique

Comment obtenir un prêt pour ouvrir son commerce ?

Quels sont les droits et obligations d’un commerçant ?